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Quelle est la consommation énergétique de la blockchain ?

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Vous venez de prendre une grande décision. Pour sauver la planète, vous faites une croix sur les voyages en avion. Fini, les week-ends aux Maldives. Terminé, les allers-retours à Marseille dans la même journée. Désormais, pour vous rendre à New-York, vous prendrez le voilier – comme Greta…

Sauf que. Si vous lisez cet article, c’est que vous possédez certainement un ordinateur ou un smartphone. Et vous en faites certainement un usage intensif. Or, saviez-vous que le numérique émettait désormais plus de CO2 que le trafic aérien ? Car le numérique s’avère très polluant : il faut des câbles sous-marins, des serveurs, des satellites, et surtout, une quantité monstre d’électricité pour faire fonctionner toutes ces machines… Alors, quand une technologie novatrice arrive sur le marché du numérique, tous les experts et expertes se méfient : ne risque-t-on pas d’aggraver le problème plutôt que de le résoudre ?

C’est le cas avec la toute récente blockchain. Nous avons vu que la blockchain rendait possible dans le secteur énergétique des échanges parfaitement traçables, sécurisés et non-falsifiables… Mais à quel prix écologique ? C’est ce que nous allons voir.

Consommation énergétique de la blockchain : tout dépend de la technologie utilisée…

Un jour prochain, tous nos échanges de biens et de services pourraient passer par la blockchain – un peu comme tous nos échanges d’informations passent aujourd’hui sur Internet. 

Les applications concrètes sont de plus en plus nombreuses. La plus célèbre ? Le bitcoin. Et cette monnaie, à elle toute seule, génère autant de pollution qu’un petit pays comme l’Irlande ou le Portugal… Un problème indépassable ? Pas si sûr. Car il existe, en fait, différentes technologies blockchain.

La technologie Proof-of-Work (POW) : très énergivore

C’est la première et la plus connue des technologies blockchain. C’est sur elle que se base le fameux bitcoin, par exemple. Dans un système POW, chaque nouveau participant ou participante met à disposition sa puissance de calcul pour résoudre des problèmes mathématiques complexes. Ces calculs, c’est aussi ce qu’on appelle “le minage” ; et plus il y a de mineurs, plus on avance dans le temps, et plus les calculs sont compliqués. Donc, plus il faut de puissance informatique… Ainsi, la consommation d’énergie grimpe en flèche. Pas très propre !

La technologie Proof-of-Stake (POS) : plus économe en énergie

Ici, on ne demande pas aux participant(e)s de résoudre des équations mathématiques, mais de mettre en jeu un bien économique, pour attester qu’ils agiront dans l’intérêt de tous les utilisateurs. D’où le nom, Proof-of-Stake – preuve d’enjeu. Dans ce modèle, les utilisatrices et utilisateurs partagent un même “enjeu”. Par exemple, dans le cas d’une crypto-monnaie, ils devront « verrouiller » un certain nombre de jetons. Les validateurs malhonnêtes, ne respectant pas les règles du réseau, seront pénalisés financièrement – on leur applique une réduction de leurs jetons.

Le système POS est beaucoup moins gourmand en calcul. C’est donc un bon point pour l’environnement, mais c’est aussi un bon point pour les utilisatrices et utilisateurs puisque les transactions sont traitées dans un temps beaucoup plus court.

consommation énergie blockchain

La consommation énergétique de la blockchain : un problème dépassable

La blockchain est d’ors et déjà un enjeu stratégique pour les États, qui dépensent annuellement 25 milliards d’euros pour aider son développement (et s’assurer le leadership). Les États-Unis et la Chine totalisent 80% des investissements ; l’Europe, elle, seulement 7%. Nos dirigeantes et dirigeants seraient-ils suicidaires ? Non. Et beaucoup d’espoirs sont placés dans les innovations qui lui permettront, à l’avenir, de fonctionner mondialement sans faire trinquer la Planète.

L’explosion des besoins énergétiques : un scénario peu probable

Dans un rapport commandé par l’Assemblée nationale, le 12 décembre 2018, les expertes et experts français tendent à relativiser le coût écologique de la blockchain. 

Selon les autrices et auteurs, la plupart des blockchains aujourd’hui sont privatives et fermées. Autrement dit, ce sont de petites blockchains, partagées par un nombre restreint d’acteurs. Par exemple, un certain nombre d’entreprises agroalimentaires utilisent la blockchain pour assurer la traçabilité des aliments. Dans ce cas, le système n’est partagé que par les fournisseurs, les transformateurs et les vendeurs. Dans un tel contexte, la validation par preuve de travail ne réclame pas une quantité de calcul disproportionnée. 

Les blockchains ouvertes (n’importe qui peut y accéder), elles, sont encore rares et devraient le rester. Le bitcoin est un exemple de blockchain ouverte. Mais comme dit le rapport : le souci de rentabilité économique qui anime les mineurs demeure un frein aux excès. En effet, personne n’acceptera de miner du bitcoin si les revenus sont inférieurs au coût de l’énergie dépensée…

Replacer la consommation énergétique de la blockchain dans son contexte

C’est vrai, certaines blockchains consomment beaucoup d’énergie. Mais le bitcoin, qui généra 17 millions de tonnes de CO2 en 2018, pollue en fait moins que tous les appareils en veille aux États-Unis (ordinateurs et télés éteint(e)s, etc.). Bien sûr, c’est déjà trop, mais cela semble tout de suite moins impressionnant…

Et puis, si le bitcoin excite l’imagination et suscite l’inquiétude (par sa nouveauté, son étrangeté), d’autres secteurs très anciens demeurent nettement plus polluants sans pour autant être remis en question. Par exemple, chaque année, les mines d’or rejettent 81 millions de tonnes de CO2… Pour une utilité sociale pratiquement nulle.

La blockchain : ce qu’elle coûte, et ce qu’elle nous offre

C’est un point souvent oublié : la blockchain consomme de l’énergie, mais pas en vain. En effet, la blockchain peut nous rendre de réels services, nous permettre de moins gaspiller, de mieux répartir certaines ressources rares. 

Et c’est un point qui n’a pas échappé aux expertes et experts de l’Assemblée nationale. Dans le rapport, ils écrivent : “Ces blockchains pourront, par ailleurs, rendre de réels services (voire se substituer à des services existants) qui rendront leur consommation énergétique plus acceptable.”

D’ailleurs, l’une des applications les plus prometteuses de la blockchain concerne l’énergie, et surtout, l’énergie verte. Grâce à la blockchain, les micro-centrales solaires et éoliennes pourraient devenir la norme et permettre à des régions entières de vivre sur leur autoconsommation… La blockchain sera polluante ou non, selon l’utilisation que l’on en fera.

Comme quoi, rien n’est jamais tout blanc ou tout noir… Au contraire : l’avenir est ouvert !

Ne manquez pas nos conseils pour consommer mieux et moins.

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