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Énergie & écologie

Mix énergétique français : ce qu’il faut savoir

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Le mix énergétique… C’est quoi ça – le nouveau cocktail à la mode à base de sodas caféinés ? La playlist de l’été pour réveiller les plages de Saint-Tropez ? Pas vraiment… 

Le mix énergétique est une notion politique et économique, désignant la manière dont un pays organise sa consommation d’énergie ; c’est-à-dire, la répartition des différentes sources d’énergie en pourcentage. Généralement, le mix énergétique se calcule sur les sources d’énergie primaire, par exemple le pétrole, le vent, les rayons solaires… 

Une notion voisine, mais pas identique, est celle de “mix électrique”. Ce mix là ne compte dans ses calculs que les sources d’énergie qui sont transformées en électricité ; cela exclut, par exemple, l’essence des voitures, le gaz de ville ou le bois de chauffage.

Maintenant que les concepts sont clarifiés, voyons comment les Français subviennent à leurs besoins en termes d’énergie…

Le nucléaire : une spécificité du mix électrique français

Sans discussion possible, la France est le porte-étendard du nucléaire dans le monde – pour le meilleur et pour le pire. Nous avons, de loin, le plus grand parc nucléaire par rapport à la taille de notre population ; près de 80 % de nos besoins électriques sont comblés grâce à la fission de l’uranium. Alors, comment expliquer cette particularité ? Et que faut-il en penser ?

Un choix stratégique à la base

Le sous-sol de la France n’est pas riche : on y trouve peu d’hydrocarbures. Il s’y cache du charbon, certes, mais pas suffisamment pour atteindre l’autosuffisance.

En 1973, le choc pétrolier brise le rêve occidental d’une croissance infinie, basée sur une énergie abondante et presque gratuite. La France (sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing) fait alors le choix de l’indépendance et investit tous azimuts dans un grand programme nucléaire. Quelques décennies plus tard, l’objectif semble atteint : le nucléaire couvre l’essentiel des besoins du pays, qui devient alors, en Europe, un exportateur d’électricité. 

Le temps du bilan

Nos premières centrales arrivent en fin de vie. Faut-il alors ré-investir pour en construire de nouvelles, et pour moderniser celles que nous avons déjà ? Ou bien faut-il repenser le mix énergétique de la France et s’éloigner progressivement du nucléaire ? C’est une question complexe ; elle ne peut pas être balayée en quelques lignes. Nous nous contenterons, ci-dessous, de rappeler les principales critiques faites à l’énergie nucléaire, tout en invitant les lecteurs qui le souhaitent à approfondir le sujet dans cet article, que nous avons rédigé spécialement sur le sujet.

  • Le nucléaire est une énergie dangereuse. Les réacteurs peuvent fuir en cas d’avarie technique (comme à Tchernobyl) ou de catastrophe naturelle (comme à Fukushima). Par ailleurs, les centrales constituent une cible pour les terroristes comme pour les attaques militaires.
  • Le nucléaire est une énergie complexe et chère. De plus en plus chère, même, car les frais de réparation, de maintenance et de modernisation augmentent avec l’âge des centrales – tandis que le prix des énergies renouvelables ne fait que baisser.
  • Aucun pays ne sait encore comment traiter les déchets radioactifs… Qui peuvent rester dangereux près d’un million d’années ! Pour donner un ordre de grandeur, l’espèce humaine n’existe que depuis 300 000 ans ; les premiers villages sédentaires depuis 10 000 ans.
Centrale nucléaire fumante
Le nucléaire a-t-il encore de l’avenir ?

Mix énergétique français : vers plus de renouvelable ? 

Nous avons dit que le nucléaire comblait environ 80% de nos besoins en électricité. Mais le reste alors ? Ce sont essentiellement des énergies renouvelables : 9% d’énergie hydraulique, 3% de solaire et d’éolien – mais aussi, encore, 10% d’énergies polluantes (gaz, charbon et fioul).

Bien conscient de la tension qui règne au sein du couple énergie-environnement, l’État Français prévoit de verdir son mix énergétique. 

Des objectifs ambitieux

L’évolution du mix énergétique français est en fait guidée par une action collective à l’échelle européenne : en effet, tous les pays de l’union doivent porter la part d’énergie renouvelable (dans la consommation finale brute) à 32% d’ici 2030

Mais les objectifs européens visent aussi plus de sobriété. En effet, d’ici 2030, la consommation globale d’électricité doit diminuer de 20 % par rapport à 2012. Et ça, chacun d’entre nous peut s’y mettre dès aujourd’hui ! 

Une transition encore trop lente

Sur ces objectifs, la France a pris beaucoup de retard, et les recours contre l’État se multiplient, plusieurs ONG l’attaquant pour “inaction climatique”. 

Pourtant, la France investit dans le solaire et l’éolien, et les nouvelles centrales vertes se multiplient. Problème : en France, le CO2 ne provient pas tellement du secteur électrique, mais bien plutôt du secteur des transports et du bâtiment. Sur ces sujets, l’État peut encourager la diffusion des véhicules écologiques et les rénovations énergétiques ; mais c’est difficile de l’imposer. Sur ces terrains-là les particuliers ont aussi tous un rôle à jouer !

Objectifs France énergie renouvelable
Si la France veut atteindre ses objectifs en 2030, il faudra débourser 38 milliards d’euros.

La France exporte… mais elle importe aussi !

L’électricité s’achète et se vend sur un grand marché européen. Les pays peuvent exporter ou importer de l’électricité, selon leurs besoins… Ils peuvent même faire les deux à la fois, et c’est le cas de la France.

Le mix énergétique de la France est excédentaire

Globalement, sur une année, la France produit plus d’électricité qu’elle n’en consomme. Ainsi, par exemple, en 2019, elle a exporté des dizaines de milliers de mégawatts en Italie et en Espagne, où le vent n’a pas soufflé comme d’habitude sur les éoliennes.

Ce genre de transfert n’est pas rare ; en fait, la France se place parmi les premiers exportateurs mondiaux d’électricité. Et cela rapporte beaucoup d’argent à l’État. Par exemple, en 2016, le poids de l’électricité dans la balance-commerciale était de 2 milliards d’euros. 

Et pourtant son indépendance est loin d’être assurée

Aussi paradoxal que cela puisse paraître, la France continue d’importer de l’électricité, chaque année. Elle en achète principalement à l’Allemagne, mais aussi à la Suisse (et les autres pays limitrophes dans une moindre mesure). Ces importations servent à couvrir des pics de consommation non-prévus, et des baisses de productions liées à des pannes ou aux conditions climatiques – les sécheresses, par exemple, font baisser la production hydraulique. Par ailleurs, il arrive à la France d’importer son électricité… quand cela revient moins cher que de la produire soi-même !

Enfin, même si la France exporte plus qu’elle n’importe, son indépendance énergétique n’est pas complètement assurée. D’abord, ses mines en uraniums se sont taries, et désormais, ce combustible est systématiquement importé (du Niger, du Kazakhstan, du Canada). Par ailleurs, nous le disions en introduction, une bonne partie du mix énergétique se fait en dehors de la production électrique. La France importe encore beaucoup de gaz et de pétrole, qui représentent chacun 19% et 45% du mix énergétique global ! Soit, en fait, la majeure partie… 

Mauvaise nouvelle, bonne nouvelle : cette part du mix énergétique (pétrole, gaz) est celle sur laquelle les simples citoyens ont le plus d’impact s’ils le souhaitent ! Pour avancer dans le bon sens, il suffit de consommer moins, de choisir un véhicule électrique et de privilégier les transports en commun. Mais aussi, à la maison, d’opter pour un fournisseur d’énergies renouvelables !

Poële à granulés dans salon
Vous pouvez agir sur le mix énergétique Français ! Par exemple ? En remplaçant votre chauffage au fioul par un poêle à granulés – c’est plus écolo, et puis dans le salon c’est plus joli…

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