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Énergie & écologie

Les 7 sources d’énergie les plus étonnantes

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Quel point commun entre une glace à la pistache, un atome d’uranium et la marée montante ? Facile : ce sont trois sources d’énergie potentielles. Chimique pour la première, nucléaire pour la seconde, cinétique pour la troisième.  En fait, presque tout ce qui nous entoure peut devenir une source d’énergie. Par contre, ce n’est pas toujours possible d’en tirer parti – et surtout, ce n’est pas toujours rentable ! Nous avons des centrales nucléaires pour l’uranium. Des centrales marémotrices pour la marée. Par contre, on ne sait pas encore faire avancer des trains ou chauffer nos maisons avec de la glace à la pistache. 

Mais la recherche avance ! Et chaque année, des sources d’énergies qui semblaient inaccessibles deviennent soudainement utilisables. Alors où en sommes nous, maintenant, en juin 2020 ? Petit tour d’horizon des 7 pistes les plus étonnantes en la matière…

1. Le magma des volcans

Vous connaissez déjà certainement la géothermie, qui consiste à pomper la chaleur naturelle du sol afin de la remonter dans nos villes. Ce n’est d’ailleurs pas forcément une technologie de pointe : elle fut fortement développée au lendemain des chocs pétroliers. En région parisienne, l’eau chaude et le chauffage fonctionnent encore de cette manière pour quelques dizaines de milliers de logements – construit en 1985, le système géothermique de Chevilly-Larue (Val de Marne) était alors le plus grand d’Europe.

La géothermie volcanique est une variante surpuissante, qui consiste à creuser plus profond, et surtout, dans la région voisine d’un volcan actif. En injectant de l’eau dans les tuyaux, il est possible de la faire bouillir puis d’utiliser la vapeur obtenue pour actionner une turbine qui, enfin, produira de l’électricité. Le Guatemala mise sur cette technique pour combler la plus grande partie de ses besoins énergétiques d’ici 2022. En la matière, l’Islande est précurseuse (oui, on dit précurseuse) : l’intense activité volcanique de l’île est exploitée depuis des décennies et c’est là que l’on trouve certaines des plus grandes centrales géothermiques au monde.

2. Tous les trucs qui puent

Bouse de vache. Jus d’oignon. Lisier de porc. Restes alimentaires. Graisses animales. Lait périmé… Ce ne sont pas les ingrédients d’un parfum. Mais ce sont les produits que l’on utilise, typiquement, dans un processus de méthanisation. Les agriculteurs et les industriels, surtout, emploient cette technique pour valoriser leurs déchets. 

Car les déchets organiques sont riches en bactéries variées ! En l’absence d’oxygène, dans un réservoir spécial, ces dernières se multiplient rapidement et mangent ce qu’elles trouvent à leurs pieds. Ce processus de décomposition produit du méthane, un biogaz que l’on peut stocker, transporter, puis utiliser dans le confort de nos habitations modernes, pour chauffer nos casseroles ou l’eau du bain… Une source d’énergie naturelle ! Mieux : le processus de méthanisation laisse, au fond du réservoir, un résidu que l’on appel digestat. Comparable au compost, c’est un engrais très fertile qui peut être utilisé directement dans les champs !

3. Les vents solaires

Le soleil fait de la lumière. C’est bête à dire. Mais saviez-vous que le soleil faisait aussi du vent ? Les vents solaires ne sont pas des déplacements d’air, mais de plasma (un type de gaz assez particulier, chargé en énergie). Et ces plasmas nous envoient quotidiennement cent milliard de fois l’énergie dont l’humanité a besoin. Intéressant comme source potentielle d’énergie, non ? Mais les capturer n’est pas une mince affaire… 

Les chercheurs Brooks Harrop (Washington State University) et Dirk Schulze-Makuch (Washington State’s School of Earth and Environmental Science) pensent néanmoins que la prouesse est possible. Ils ont imaginé les plans d’un satellite hypothétique, placé en orbite autour du soleil, qui capterait l’énergie des vents solaires et les enverrait sur terre sur la forme d’un rayon infrarouge… Le projet rencontre encore des difficultés techniques. Sa mise en place n’est pas encore à l’ordre du jour. Mais des versions miniatures pourraient être testées rapidement en vue d’alimenter des missions spatiales en électricité.

4. Les vibrations et les pressions

Certains matériaux transforment toutes les contraintes mécaniques en électricité. On appelle ça la piézoélectricité, et ce n’est pas du flan, ça marche pour de vrai ! Dans le Club Watt, à Rotterdam, les spots lumineux fonctionnent seulement grâce aux pas des danseurs, que le sol convertit en courant électrique. D’autres applications pourraient apparaître bientôt, comme des autoroutes qui génèrent leur propres éclairages. Certains ingénieurs ont même développé des systèmes piézoélectriques pouvant convertir les mouvements des arbres doucement bercés par le vent – 2 volts par tronc, ce n’est pas encore beaucoup, mais c’est une piste…

5. La foudre

On appelle cela “moissonner la foudre”, et depuis l’antiquité, l’humanité rêve d’accomplir ce geste. Il faut dire que le potentiel de cette source d’énergie est énorme : un éclair, en moyenne, porte en lui 5 gigajoules, soit l’équivalent de 145 litres de pétrole… gratuit ! Depuis les années 1980, les expériences se sont succédées ; en 2007, notamment, l’entreprise Alternative Energy Holdings a conduit un projet d’envergure en construisant une tour en guise de paratonnerre géant. Le résultat s’avéra décevant. Le consensus, aujourd’hui, tend plutôt vers un constat d’échec : imprévisible, impossible à stocker, la foudre ne semble pas porteuse… 

Mais qui sait ? Les éclairs pourraient un jour redevenir à la mode, dans le futur, avec les progrès technologiques et la disparition progressive du pétrole…

6. L’énergie du vide

La source d’énergie la plus bizarre est sans aucun doute… le vide ! Car désormai les physiciens le savent : le vide n’est pas vraiment vide. Il est plein de fluctuations, bref, d’énergie potentielle. Une expérience célèbre consiste à placer deux plaques métalliques face à face, très près l’une de l’autre ; les deux plaques vont sensiblement se rapprocher, poussées par l’énergie du vide. Cet un effet microscopique mais bien réel. Pour l’anecdote, cela s’appelle “l’effet Casimir” (rien à voir avec le monstre orange, tout à voir avec un physicien néerlandais portant un nom de famille ridicule). Ce n’est pas tout ! Des physiciens, en laboratoire, on pu créer de la lumière à partir du vide. Rien que d’y penser, cela donne le vertige.

Alors, exploiter l’énergie du vide de manière industrielle, c’est possible ? On en est encore très loin. Mais la science-fiction l’envisage déjà ; les vaisseaux dans Stargate se déplacent grâce à cette technologie hypothétique… On peut rêver.

7. La transpiration

L’énergie du vide nous a mené très loin dans l’hypothèse. Et si nous terminions avec une source d’énergie plus terre à terre, plus proche de nous ? Si proche qu’elle se trouve là, sur votre peau, en ce moment même…

Eh oui, la sueur contient du sucre, et le sucre est une source d’énergie. L’année dernière, les chercheurs du CNRS de Grenoble ont conçu une pile rechargeable qui se fixe sur le poignet pour oxyder le sucre et le transformer en courant électrique. En l’état, la technologie permet d’allumer une ampoule LED. Mais les chercheurs entendent bien perfectionner leur trouvaille et lui permettre d’alimenter des appareils électroniques, des capteurs pour mesurer le poul des sportifs ou le taux de glucose des diabétiques. 

Décidément… On l’avait dit : les sources d’énergie sont partout ! La prochaine fois, vous verrez d’un autre oeil vos pelures d’oignons et vos gouttes de sueur… En revanche, pour le dessert, la glace à la pistache reste la meilleure.

Et si on vous embarquait maintenant dans un tour du monde des initiatives vertes à travers le monde ?

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