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Astuces & éco-gestes

Isoler mon logement au (plus) naturel

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Le plus dur quand on se lance dans la rénovation de son logement, c’est de choisir… choisir les artisans avec qui travailler, choisir les matériaux à utiliser pour faire les choses bien. Il y a le prix, certes, qui fait souvent la différence, mais quand on veut faire des choix écologiques, il est souvent difficile de s’y retrouver. Pas de panique, regardons tout cela ensemble !

Pourquoi isoler son logement ?

Pour faire des économies d’énergie pardi ! L’isolation thermique, c’est bon pour la planète, mais aussi pour votre portefeuille. En moyenne, selon l’Agence pour la Transition Énergétique (ADEME), 25 % de la déperdition thermique se fait par le toit, 20% par les murs, 10% par les fenêtres, et 7% par le plancher… Ainsi, une bonne isolation doit permettre à chaque foyer de diviser par deux sa facture d’énergie, en limitant ses dépenses de chauffage et de climatisation. Pas mal non ?

Source : ADEME

En France, la rénovation énergétique est une priorité du Plan Climat, avec comme objectif de baisser de 15% la consommation énergétique des bâtiments à l’horizon 2023 par rapport à 2010. Pour ce faire, L’État propose des aides incitatives aux particuliers et on vous a déjà partagé quelques astuces pour commencer à isoler votre maison à moindre frais.

Mais quand on rentre dans le vif du sujet, c’est-à-dire quand on s’attaque à l’isolation du toit et des murs – qui totalisent près de la moitié de la déperdition – arrive la question fatidique : quelle méthode et quels matériaux utiliser pour combiner performance, santé et écologie ?

Intérieur ou extérieur ?

L’isolation thermique de votre logement peut se faire par l’intérieur ou par l’extérieur du bâtiment. Le principal défi est de limiter autant que possible les ponts thermiques, maillons faibles de l’isolation où pourraient circuler les flux de chaleurs et d’humidité.

L’isolation thermique par l’extérieur consiste à placer l’isolant sur la façade. C’est la plus performante au niveau thermique, elle n’empiète pas sur la surface habitable et ne nécessite pas de déménagement pendant les travaux. C’est l’occasion de refaire votre façade, mais ce n’est pas toujours possible, surtout si on veut garder des vieilles pierres ! Autre bémol, l’isolation des tableaux de fenêtre tend à réduire la luminosité des ouvertures. Mais le plus gros frein est souvent son coût.

L’isolation thermique par l’intérieur consiste à placer l’isolant sur les sols, murs et plafonds des pièces. Elle réduit considérablement les déperditions de chaleur avec des travaux plus rapides et moins coûteux. Mais la traque aux ponts thermiques est plus ardue et l’épaisseur de l’isolant réduit nécessairement l’espace habitable. On garde la vieille pierre, mais il faut refaire toute la déco… et l’électricité !

Isoler peut être un sacré chantier !

Bien. Selon votre logement, vous voyez ce qu’il est possible de faire. Maintenant, il faut choisir le matériau qui va bien !

Choisir un matériau d’isolation

On est bien d’accord que la première qualité à exiger d’un matériau d’isolation thermique est qu’il soit performant, c’est-à-dire qu’il isole votre logement, et ce durablement ! Voici 10 critères de performance pour juger un isolant au premier regard, ou presque :

  1. Un petit λ : le coefficient de conductivité thermique (λ) est la capacité de l’isolant à conduire la chaleur. Plus il est petit, plus le matériau est isolant ! Les isolants courants ont un λ compris entre 0,025 et 0,06 Watt par mètre Kelvin (W/m.K).
  2. Un grand R : la résistance thermique (R) exprime la performance de l’isolant et dépend de l’épaisseur (e) du matériau : R = e / λ, exprimée en mètres carrés et Kelvins par Watt (m². K/W). Plus le « R » est grand, plus le matériau est isolant ! Pour avoir accès aux aides de l’État, il faut un R de 6 minimum pour les rampants, 3,7 pour des murs et 7 pour des combles.
  3. Un long temps de déphasage : c’est la durée que va mettre la chaleur à traverser l’isolant. Il est généralement compris entre 3h et 12h et joue un rôle important pour le confort thermique d’été de votre habitation.
  4. Un comportement à l’humidité adapté à votre région, qui peut-être compensé par des pare-vapeurs ou des anti-fongiques, plus ou moins écologiques.
  5. Une bonne résistance au feu : par la nature du matériau ou par ajout d’un retardateur de feu, souvent chimique…
  6. Une installation pratique : en panneaux, en rouleau, en vrac… à poser, fixer, souffler, projeter, la mise en œuvre est un facteur à prendre en compte et qui aura un impact sur le prix total.
  7. Une durable durabilité : qui dépend de la nature du matériau. Personne n’a envie de déposer les plaques de plâtre tous les cinq ans pour changer l’isolant !
  8. Un juste prix : la gamme des prix est large et pour évaluer le coût d’un matériau, il faut compter l’achat, la pose, mais aussi l’entretien voire le renouvellement.
  9. Une belle étiquette A+ : qui certifie que votre produit n’émet pas trop de composés organiques volatiles (les fameux COV)
  10. Un bon bilan écologique : quel est le cycle de vie du produit, de sa fabrication à son élimination ou son recyclage ? On peut connaître l’énergie « grise » nécessaire à sa fabrication et à son acheminement, calculée en kWh/m3.

Pour attester que les informations affichées sur les matériaux sont testées et approuvées, il existe plusieurs certifications officielles : le marquage CE européen, CSTBat et ACERMI concernant les matériaux de construction, l’Écolabel Européen et des labels par filières comme PEFCTM ou FSC® concernant le bois.

Performance + écologie = 💚

Le matériau le plus couramment utilisé pour l’isolation (75% des cas !) est la laine de verre. Inventée en 1938, elle est obtenue en fusionnant du sable et des produits verriers. Elle est souple, légère, imputrescible et hydrophobe, performante et assez durable dans le temps, et surtout moins chère que la plupart des autres isolants. Mais le tableau n’est pas tout rose : la laine de verre a un effet urticant pour la peau, les yeux et les branches respiratoire dû à ses fibres abrasives. Il faut particulièrement faire attention au moment de la pose. Et son bilan écologique est même très gris, puisqu’elle requiert beaucoup d’énergie pour sa fabrication et qu’elle est difficilement recyclable…

La demande en matériaux de construction plus écoresponsables est en forte croissante. Notons tout d’abord que l’impact nul n’existe pas et qu’il n’y a pas d’échelle de référence pour classer les matériaux selon des critères écologiques. Mais on peut quand même s’appuyer sur des critères objectifs concernant leur cycle de vie, leurs caractéristiques techniques et environnementales pour se faire une idée, et se référer à des labels, des étiquettes ou même des fiches de déclaration environnementale et sanitaire (FDES).

Ainsi, des matériaux isolants plus naturels et tout aussi efficaces que les laines minérales « classiques » se développent : les matériaux dits « bio-sourcés ». Ces matériaux sont fabriqués à partir de matières premières végétales ou animales, renouvelables et parfois recyclées : chanvre, laine de bois, liège expansé, ouate de cellulose, paille, lin, plumes de canard, etc. On les qualifie de « bio-sourcés » plutôt de « naturels », car ils font l’objet de transformations et contiennent parfois des additifs nécessaires à leur conservation, des liants ou des retardateurs de feu, pas forcément très bio d’ailleurs… Renseignez-vous bien auprès du fabricant ou de l’artisan à qui vous faites appel !

On n’est pas des moutons, choisissons des matériaux bio-sourcés !

Zoom sur 5 isolants bio-sourcés

1. La fibre de bois : efficace et polyvalente !

Composition : fibre densifiée de bois recyclé de forêts gérées durablement

Forme : panneaux rigides ou souples (laine de bois), pour intérieur ou extérieur

Les +

  • Excellent isolant thermique et acoustique (λ = 0,038)
  • Très polyvalente : isolation extérieure comme intérieure
  • Déphasage thermique long pour un bon confort estival
  • Absorbe l’humidité de l’air
  • Très stable dans le temps, ne se tasse pas.

 

Les –

  • Assez lourd
  • Perd en performance au contact de l’eau
  • Sensible au feu donc parfois traité chimiquement

 

2. La ouate de cellulose : un bon rapport qualité prix !

Composition : recyclage des journaux invendus, de résidus de scierie et des chutes de papeteries, broyés et éventuellement liés

Forme : Panneaux ou flocons en vrac insufflés dans des caissons étanches ou en projection humide, essentiellement pour les combles

Les +

  • Très bon isolant thermique et acoustique (λ = 0,039)
  • Très bon régulateur d’humidité intérieure
  • Peu dégradable dans le temps
  • Coût relativement bas
  • Économie circulaire

 

Les –

  • Traité au sel de bore pour augmenter sa résistance au feu et repousser les parasites
  • Poussière importante lors de à la mise en œuvre
  • Pose assez complexe, ne peut pas être fait seul
  • Tout matériel électrique non protégé est interdit au sein de l’isolation.

 

Flocons de ouate de cellulose en vrac

 

3. Le chanvre : végétal et écologique !

Composition : chènevotte extraite de la plante, parfois associée à du lin, du coton, de la chaux ou de l’argile

Forme : briques, rouleaux, panneaux semi-rigides ou béton mélangé, utilisable en intérieur comme extérieur

Les +

  • Très bon isolant thermique et acoustique (λ = 0,040)
  • Imputrescible et durable dans le temps
  • Relativement facile à installer
  • Particulièrement écologique : culture renouvelable et qui stocke beaucoup de CO2
  • Bonne odeur à la pose
  • Peu volatile

 

Les –

  • Coût assez élevé

 

4. Le liège : 100% naturel et stable !

Composition : issu de l’exploitation raisonnée des chênes-lièges qui se régénèrent tous les 9 ans

Forme : plaques ou panneaux agglomérés sans ajout synthétique, utilisables en intérieur ou extérieur

Les +

  • Très bon isolant thermique et acoustique (λ = 0,040)
  • 100% naturel
  • Très polyvalent dans ses utilisations
  • Déphasage thermique long pour un bon confort estival
  • Imputrécible, ne craint pas l’humidité
  • Résistant à la compression
  • Très stable dans le temps
  • Peut être enduit et peint directement

 

Les –

  • Ressource renouvelable mais limitée. Attention à la surexploitation.
  • Coût élevé

 

 

5. La laine de mouton

Composition : laine brute issue de la tonte récupérée auprès de coopératives ovines

Forme :  en vrac, en rouleaux ou en panneaux semi-rigides

Les +

  • Très bon isolant thermique et acoustique (λ = 0,041) été comme hiver
  • Peu inflammable.
  • Limite l’électricité statique
  • Résistance et régulation de l’humidité
  • Neutralisation durable de certains COV
  • Durable
  • Ne dégage aucune poussière

 

Les –

  • Odeur suite à la conservation dans des emballages plastiques
  • Souvent mélangée à des fibres synthétiques
  • Coût élevé

 

Les innovations dans le domaine des matériaux isolants biosourcés sont nombreuses et enthousiasmantes, notamment autour de la valorisation des déchets agricoles (olive, tournesol, etc). D’autres préfèrent revenir à des techniques traditionnelles comme la paille et l’argile. Le tout est de bien choisir ce qui est adapté aux contraintes techniques de son logement, dans son contexte climatique, avec les conseils de professionnels locaux.

Bien isoler son logement, c’est un investissement, pour soi et pour l’environnement. C’est aussi l’occasion de repenser ses comportements au quotidien, et ça tombe bien car sur notre blog nous vous donnons pleins d’astuces pour consommer moins, mais mieux. A commencer par choisir un fournisseur d’électricité verte ! Vous nous rejoignez ? 

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