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Guide de voyage bas carbone

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Vous aimez voyager ? Nous aussi. On rêve déjà de nos prochaines vacances : changer d’air, s’amuser, se reposer… Mais pour cela, avons-nous vraiment besoin de partir à l’autre bout du monde et de multiplier les activités touristiques ? Oh que non. Surtout quand on sait que, selon une récente étude de Nature Climate Change, 8% des émissions mondiales de gaz à effet de serre sont dues au tourisme (transport, hébergement, restauration, activités, etc.). Suivez notre guide de voyage bas carbone, pour un voyage heureux et respectueux de la planète, à la portée de tous !

Voyage bas carbone : en finir avec le tourisme de masse

L’essor des vols low-cost et des offres promotionnelles déconnectées du coût réel des transports, nous ont petit à petit poussé·es à voyager plus souvent, plus loin et sur des durées plus courtes. Mais rapidement les effets d’un tel tourisme de masse se sont faits sentir sur le climat, mais aussi directement sur les sites touristiques : déchets sur les plages paradisiaques, aussi bien qu’au sommet de l’Everest, pollution des cours d’eau, des sols, de l’air, chute de la biodiversité, etc.

Notre empreinte carbone est le volume de gaz carbonique (ou l’équivalent C02 des autres gaz à effet de serre) que l’on émet pour notre alimentation, notre logement, nos vêtements, nos loisirs, nos déplacements… Aujourd’hui, l’empreinte carbone d’un Français est d’environ 12 tonnes par an. Pour respecter les Accords de Paris de 2015, il faudrait, d’ici 2050, la limiter à 2 tonnes par an et par personne, soit à peine un aller-retour Paris-New York en avion…

On comprend bien que prendre l’avion à tout va n’est plus possible. Les Suédois ont inventé la flygskam ou honte de prendre l’avion, un sentiment de culpabilité qui pousse à renoncer à prendre l’avion pour des raisons écologiques. Mais c’est en réalité une bonne nouvelle ! Voler doit redevenir une expérience exceptionnelle. Cette prise de conscience est l’occasion de repenser nos modes de vie et de voyage. Et, vous allez voir, il y a de quoi se réjouir !

 

© Mathilde Tournoux

Vive le voyage bas carbone !

Voyager bas carbone, c’est-à-dire en limitant nos émissions de gaz à effet de serre, et plus généralement notre impact sur l’environnement et la biodiversité, impose de remettre en questions quelques idées reçues sur ce qui fait « des vacances de rêve ». C’est, pour certain·es, la découverte d’un nouveau monde. Un monde plus naturel, moins pressé, plus humain, dont on ne revient quasi jamais tellement on s’y sent bien… Voici 5 clés magiques pour y accéder.

1. Partir près

L’Agence de la Transition Écologique (ADEME) recommande de respecter un ratio entre la distance parcourue et la durée du séjour : au moins un jour sur place par heure de vol (aller + retour). Par exemple, si le vol dure cinq heures à l’aller et cinq heures au retour, restez au moins dix jours sur place. Et plouf, votre semaine de kitesurf à Madagascar tombe à l’eau !

Mais, prenez le temps d’y réfléchir…Tout ce matériel à trimbaler, les bouchons pour aller à l’aéroport, les contrôles à répétition, le décalage horaire. Quelques bords, certes splendides. Mais c’est déjà reparti dans l’autre sens. Alors qu’en quelques petites heures de train ou de vélo, vous avez des merveilles à découvrir près de chez vous ! Descendre la Loire en canoë, longer le canal du Midi à vélo, marcher dans les Cévennes sur les pas de Stevenson, se relaxer une semaine entre mer et désert à la Dune du Pilat… ça fait bien plus rêver non ?

© Mathilde Tournoux

👍 Trouver l’inspiration :

2. Voler bas (carbone)

Une fois la destination de vos rêves choisie, il vous faut déterminer un moyen de transport pour vous y rendre, qui soit à la fois pratique et écologique. Pour comparer l’impact carbone des modes de transports, on utilise des ordres de grandeur d’émissions par passager au kilomètre parcouru. Faisons l’exercice pour un trajet Lille-Avignon (750 km) avec le comparateur de transport de l’ADEME.

Si on met de côté les moyens de transport zéro carbone comme la marche, le vélo, le voilier, le canoë, le roller… Le moyen le plus écologique de voyager est le train, le TGV. En moyenne, un trajet en TGV émet 100 à 150 fois moins de gaz à effet de serre que l’avion ! Si la seule option pour vous reste malgré tout l’avion, un vol sans escale s’impose, car c’est au décollage et à l’atterrissage que les émissions sont les plus importantes.

Mais il est également intéressant de se pencher sur le cas de la voiture thermique individuelle (et on ne parle pas d’un SUV…). Si vous roulez plus de 1000 kilomètres tout seul dans une voiture essence de taille moyenne, votre bilan carbone sera pire que si vous aviez pris l’avion. Alors, si vous devez absolument prendre le volant, pensez au covoiturage : vous partagez le bilan carbone, mais aussi les frais et de bons moments.

Parfois, pour rester dans les clous, il faut accepter de faire un trajet un peu plus long. C’est dans ce but qu’on voit réapparaître un peu partout en Europe des trains de nuit et se développer des véloroutes. Comme écrivait Robert Louis Stevenson, « l’important ce n’est pas la destination, c’est le voyage. » ! Un voyage plus lent, c’est plus de temps pour admirer les paysages, bouquiner, préparer son voyage, rencontrer d’autres voyageur·ses…

👍 Les bons outils :

  • Datagir, le comparateur d’impact des modes de transports
  • Bon voyage, l’appli du voyage bas carbone, porte à porte et open source
  • Blablacar, le site pour proposer ou réserver un covoiturage ou un bus

3. Voyager bas carbone : blinder sa valise

Pour voyager le cœur léger et garder vos bons réflexes du quotidien, emportez avec vous tout ce qui vous permettra de ne pas utiliser de plastique à usage unique et de ne pas laisser des déchets sur place :

  • votre gourde
  • plusieurs sacs en tissus
  • des couverts réutilisables
  • une boîte alimentaire
  • des emballages en tissu et en cire d’abeille
  • vos cosmétiques bio zéro déchets
  • des carrés démaquillant lavables
  • une chemise pour vous protéger du soleil et limiter l’usage de la crème solaire
  • un cendrier de poche
  • etc.

 

© Mathilde Tournoux

4. Habiter là

Le choix de l’hébergement est une autre étape importante pour limiter son empreinte. En vacances, comme chez nous, on respecte les gens et l’environnement. Pour ce faire, privilégiez les hôtels, gîtes, maisons d’hôte ou campings qui ont une démarche environnementale certifiée. L’Écolabel européen par exemple garantit que les hébergeurs utilisent au moins 50 % d’électricité produite à partir de sources d’énergies renouvelables, que 80 % de leurs ampoules électriques sont de classe A, que le débit d’eau des robinets et douches être inférieur ou égal à 8,5 litres par minute, que les détergents utilisés pour le nettoyage sont écoresponsables et qu’ils sont dans une démarche anti-gaspillage. D’autres labels vont plus loin encore, comme La Clef verte, Hôtels au naturel, Green Globe ou encore les gîtes Panda du WWF.

Vous pouvez également choisir un hébergement chez un agriculteurs local, pour bénéficier d’un logement au vert combiné à une alimentation de terroir. Agritourisme, Accueil Paysan, Bienvenue à la Ferme… loin des foules, ces formules se développent en France et en Europe pour soutenir un tourisme équitable.

Enfin, pour un voyage riche en rencontres, vous pouvez opter pour un logement chez l’habitant. On ne présente plus le site Couchsurfing, pour un hébergement gratuit basé sur une communauté de voyageur·es-hôtes. Il existe également des plateformes coopératives comme FairBnb qui promeut un tourisme local durable. Pour une expérience authentique, il est aussi possible d’échanger sa maison avec d’autres voyageur·ses, avec TrocMaison par exemple.

👍 Les bons sites :

  • Voyageons autrement, le site des conseils pratiques pour un tourisme durable
  • Bienvenue à la ferme, pour trouver un logement ou tout simplement des bons produits de la ferme
  • Vaovert, la plateforme d’hébergements écoresponsables de France

5. Voir peu (mais mieux)

On parle parfois de « slow travel » où l’art de prendre le temps quand on voyage. Le temps de faire des rencontres, de s’imprégner des ambiances, d’observer les détails et d’être surpris par ce qu’on n’avait pas prévu. Ainsi, plutôt que de louer une voiture pour tout faire vite, préférez la marche, le vélo, les transports en commun. Plutôt que de remplir votre semaine d’activités, bien optimisées comme au boulot, essayez à l’inverse de lever le pied, prenez le temps de ralentir…

En demandant aux habitants de la région, vous découvrirez certainement une petite rivière naturelle où aller vous baigner à la place de la piscine chlorée de l’hôtel ; une jolie balade pour avoir un point de vue, loin des cars qui déversent des flots de touristes pressés ; une forêt où observer des oiseaux en toute tranquillité.

Si vous n’avez pas le goût à l’oisiveté ou vous avez tout simplement envie de vous rendre utile pendant vos vacances, pensez au WWoofing : un séjour dans une ferme biologique, où vous échangerez quelques heures de travail contre le gîte et le couvert. Des associations locales peuvent également vous inviter à participer à des courses de ramassage des déchets en famille, ou autres activités pour participer à la vie locale.

👍 Les bonnes idées :

 

 

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