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Rien ne se perd, tout se surcycle !

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Le surcyclage ou upcycling en anglais, vous connaissez ? C’est l’art de valoriser les déchets, pour en faire des nouveaux objets de plus grande valeur esthétique ou économique. Et dans notre société qui sur-produit et sur-consomme depuis des dizaines d’années, on en a un paquet de déchets ! Revenons sur ce concept qui a le vent en poupe, dans la mode et le design notamment.

La valorisation des déchets

Selon l’Agence de la Transition Écologique (ADEME), la France produit chaque année près de 325 millions de tonnes de déchets de toutes sortes, soit 4,6 tonnes par habitant… Heureusement, une part croissante de ces déchets ne sont plus juste éliminés, mais revalorisés sous diverses formes et selon différents procédés. Valorisation, recyclage, régénération, réutilisation, réemploi… on ne sait plus où donner de la tête ! En bons scientifiques, repartons des définitions et notamment celles de l’article L. 541-1-1 du Code de l’Environnement :

🌍 La valorisation correspond à « toute opération dont le résultat principal est que des déchets servent à des fins utiles en substitution à d’autres substances, matières ou produits qui auraient été utilisés à une fin particulière, ou que des déchets soient préparés pour être utilisés à cette fin, y compris par le producteur de déchets ». La valorisation des déchets est donc le terme générique qui englobe tous les autres.

⚗️Le recyclage consiste en « toute opération de valorisation par laquelle les déchets, y compris les déchets organiques, sont retraités en substances, matières ou produits aux fins de leur fonction initiale ou à d’autres fins ». Le recyclage consiste ainsi à ramener nos déchets à l’état de matière première, pour en faire de nouveaux produits. Il nécessite le plus souvent une action chimique ou mécanique pour récupérer et transformer la matière.

☠️ La régénération est une opération qui vise à extraire des substances polluantes ou indésirables dans un déchet pour qu’il soit réutilisable. Cela concerne principalement les huiles, les solvants, les gaz fluorés, les plastiques, les catalyseurs, etc. et s’opère principalement par filtration, déshydratation sous vide ou raffinage.

🗑️La réutilisation est définie comme « une opération par laquelle des substances, matières ou produits qui sont devenus des déchets sont utilisés de nouveau ». Contrairement au recyclage ou à la régénération, elle ne demande pas de transformation, mais seulement une préparation et un contrôle des déchets pour les réutiliser.

👗 Le réemploi consiste en « toute opération par laquelle des substances, matières ou produits qui ne sont pas des déchets sont utilisés de nouveau pour un usage identique à celui pour lequel ils avaient été conçus. » Contrairement à la réutilisation, les matières ou objets ne sont pas considérés comme des déchets et leur usage reste le même.

♻️ L’économie circulaire peut se définir comme un système économique d’échange et de production qui, à tous les stades du cycle de vie des produits, vise à augmenter l’efficacité de l’utilisation des ressources et à diminuer l’impact sur l’environnement tout en développant le bien être des individus.

Economie circulaire
Source ADEME

Et le surcyclage alors ?

Fortes de toutes ces définitions, on comprend qu’une matière ou un objet qui n’est plus utilisé, peut ne pas être considéré comme “un déchet”, mais comme “une ressource” créatrice de valeur. Le surcyclage – plus connu sous le nom anglais d’upcycling – est l’action de récupérer des matériaux ou des objets dont on n’a plus l’usage pour les transformer en matériaux ou objets de qualité ou d’utilité supérieure.

Souvent définit comme « un recyclage par le haut”, le surcyclage correspond plutôt à une réutilisation créative, où l’idée n’est pas de simplement à redonner vie à des matériaux ou à des produits, mais bien de créer de la valeur, sur des critères esthétiques, éthiques, d’utilité, d’originalité, etc.

Au cœur de l’économie circulaire, le surcyclage cherche à combiner une démarche écologique qui va plus loin que le recyclage à une dimension créative. On prend la matière pour ce qu’elle est, sans transformation chimique ou mécanique, et on crée un nouveau produit de qualité supérieure. On ne cherche pas seulement à faire du neuf avec du vieux, mais à faire du beau avec du vieux ! Pas étonnant alors que les premiers porteurs de cette tendance soient les créateurs de mode, les designers ou même les artistes.

Si le surcyclage a le vent en poupe, la réutilisation des matières d’objets hors d’usage n’est pas nouvelle, et depuis toujours de nombreux artisans récupèrent les matériaux pour en créer d’autres, par souci écologique ou économique. Le terme d’upcycling est apparu dans les années 1990 quand les problématiques de recyclage des déchets ont pris de plus en plus d’importance dans le débat public. Mais aujourd’hui, avec le développement du zéro déchet, du design ou de la mode éthique, le surcyclage est véritablement devenu une mode.

Une mode dans la mode

Prenons quelques exemples concrets. Une des pionnières en matière de surcyclage est la maison Hermès, qui, dès 1978, lance sa marque Petit h, utilisant les rebuts issus de ses ateliers et les pièces n’ayant pas passé le contrôle qualité très exigeant pour fabriquer de nouveaux objets, les OPNI pour Objet Poétique Non Identifié : lampe-théières, bracelet de soie, éventail en chutes de cuir, etc. La démarche n’est pas tant écologique que créative et en phase avec la dimension de rareté propre au luxe. Cela permet malgré tout de donner une seconde chance aux matières dans une industrie très critiquée pour son impact écologique catastrophique.

Petit h Hermès surcyclage
Une collection déco de Sandrine Place pour Petit h © Coco Amardeil – Hermès

En effet, selon l’ADEME, l’industrie de la mode émet 1,2 milliard de tonnes de gaz à effet de serre chaque année, pour fabriquer et transporter des vêtements neufs à travers le monde. Et selon une étude de la Fondation Ellen MacArthur, la fabrication d’un T-shirt neuf nécessite en moyenne l’équivalent de 70 douches en eau potable…

Ces chiffres alarment de plus en plus de créateurs sensibles aux problématiques environnementales, qui s’emparent du concept de surcyclage, dont le potentiel de marché s’accroît avec la prise de conscience écologique globale actuelle. Anciens vêtements démontés, chutes de tissus de qualité, linge de maison vintage, accessoires abandonnés, les possibilités sont nombreuses pour créer des objets uniques et tendance. On voit ainsi fleurir dans les magasins ou les boutiques en ligne des T-shirt en sac à patates, des sacs à dos en voile de bateaux, des ceintures en pneu de vélo, des trousses en ballon de football, etc. Et la plupart des créateurs de cette mode éthique mettent un point d’honneur à ce que la dimension écologique ne prenne pas le pas sur l’esthétique.

C’est le cas de la créatrice Monia Sbouaïa, fondatrice de la marque de vêtement de seconde main Super Marché, qui chine dans les friperies, les ressourceries, les vide-greniers ou même sur le site de petites annonces Le bon coin pour trouver des pièces uniques qu’elle transforme en modèles stylés et confortables.

Même tendance côté déco ou design : chiner, retaper et réenchanter des objets ou des matières. Le mouvement des makers – ceux qui font de leurs mains – dans les fablabs – ateliers collectifs d’artisanat et de fabrication numérique – s’est largement emparé du concept de surcyclage, en utilisant des chutes de bois, de plexiglas ou encore de tissu comme matière première pour prototyper et usiner de nouveaux objets.

meuble upcyclé
A la fois vintage et moderne, la magie de l’upcycling !

Up and down !

Comme nous l’avons vu, le surcyclage permet donc de limiter le gaspillage des ressources naturelles et la consommation d’énergie nécessaire à l’extraction et la transformation de matières premières, mais aussi tous les autres impacts négatifs de la fabrication d’objets neufs sur l’environnement. Selon l’ADEME, le recyclage permet d’éviter chaque année en France l’équivalent de 20 millions de tonnes d’équivalent C02.

Mais, pour l’instant, le surcyclage ne concerne que de petits volumes de matières et d’objets. Le processus est difficilement industrialisable et ne représente qu’une solution très partielle pour transformer des secteurs aussi énormes et consommateurs de ressources naturelles que la mode ou le design.

Recycler c’est bien, par « le haut » encore mieux, mais n’oublions pas que dans un objectif de neutralité carbone à l’horizon 2050, il faut avant tout produire et consommer moins. Et de cela, tout le monde est responsable, chacun individuellement mais aussi les entreprises productrices de biens et de services. C’est ce dont nous vous avons parlé dans notre article sur la responsabilité sociale des entreprises (RSE). Chez Plüm énergie, nous pensons que le recyclage ou le surcyclage sont nécessaires, mais pas suffisants. Ils doivent être accompagnés par une démarche de sobriété de la consommation. De décroissance, qui nous est si chère chez Plüm énergie et vers laquelle nous accompagnons notre communauté grâce à nos services et nos conseils. Vous nous rejoignez ?

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