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Nouveau rapport du GIEC : adaptation et atténuation face au défi climatique

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Le 27 février dernier, le GIEC publiait un nouveau rapport sur les impacts du réchauffement climatique, fruit de 7 longues années de travail. Très attendue, la publication de ce document est finalement passée relativement inaperçue, en raison du déclenchement trois jours plus tôt de la guerre en Ukraine. Plüm revient pour vous sur les principaux enseignements de ce rapport et les raisons de croire encore en un avenir heureux, si chacun y met du sien.

De quoi parle-t-on précisément ?

Le GIEC est le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, fondé en 1988 sous l’égide de l’ONU. C’est un panel d’expert(e)s qui a pour mission non pas de conduire des études, mais de rédiger périodiquement une synthèse de toutes les publications et de l’état des connaissances scientifiques au sujet du réchauffement climatique. 

Tous les 5 à 7 ans, le GIEC publie ainsi une nouvelle synthèse tenant compte des évolutions climatiques et des études scientifiques intervenues dans l’intervalle. Ce sixième et nouveau rapport du GIEC a été découpé en 3 volets distincts, publiés séparément. Le premier volet, paru en août 2021, porte sur les éléments purement physiques de l’évolution du climat ; le second volet, publié en février 2022, se penche sur les impacts concrets de cette évolution du climat pour nos sociétés humaines et la biodiversité ; le troisième volet sera quant à lui publié en avril 2022 et s’intéressera aux solutions pour atténuer le réchauffement climatique.

Que nous dit la science ?

Si le premier volet publié en août dernier était assez alarmant, mettant l’accent sur l’accélération du réchauffement climatique, ce second volet décrit notre vulnérabilité face à ces changements mais apporte aussi un éclairage nouveau sur notre capacité de réaction et d’adaptation, laissant ainsi entrevoir plusieurs faisceaux d’espoir. Un espoir qui devrait être entretenu avec la publication en avril du troisième volet sur les stratégies de lutte contre le réchauffement climatique.

Concrètement, les scientifiques nous rappellent que la température moyenne du globe a déjà augmenté de 1,1°C par rapport à l’ère pré-industrielle, et que le seuil de 1,5°C sera atteint dans la décennie 2030. Sur la base des engagements pris par les Etats lors de la dernière COP26 à Glasgow, les 2°C de réchauffement climatique devraient être dépassés autour de 2050, et cette trajectoire nous amène entre 2,7°C et 3°C à la fin du 21ème siècle. 

Afin de rendre tous ces chiffres plus parlants, on peut par exemple préciser que pour retrouver une température moyenne équivalente à celle que nous connaîtrons en 2050, il faut remonter … au moins 2 millions d’années en arrière ! Autant dire que nous sommes entrés dans une ère que l’humanité n’a jamais connue.

Au passage, notons également que le rapport du GIEC ne laisse aucun doute sur la responsabilité de l’activité humaine dans le réchauffement climatique, notamment par le recours massif aux énergies fossiles et les émissions de gaz à effet de serre. Une bonne raison de réfléchir toujours plus consciencieusement à nos modes de consommation et d’approvisionnement en énergie.

Tout n’est pas fichu pour autant !

Face à ces perspectives peu réjouissantes, les scientifiques sont pourtant catégoriques : des solutions existent ! Elles reposent sur deux piliers : la capacité d’adaptation d’une part, pour se prémunir contre les effets déjà observables ou à venir du changement climatique ; et les stratégies d’atténuation du réchauffement climatique d’autre part, permettant de réduire autant que possible la montée du thermomètre. Et c’est justement tout l’objet des deux derniers volets du rapport 2022 du GIEC.

Le volet publié en février sur l’adaptation apporte ainsi de nombreuses pistes de réflexion en anticipation ou en réaction aux changements climatiques. Que ce soit sur l’adaptation de nos villes, des zones côtières ou encore de l’agriculture, le rapport pointe aussi les bénéfices adjacents que peuvent avoir nos actions : amélioration de la qualité de l’air, de la qualité de vie, des rendements agricoles…

Schéma extrait du rapport du GIEC : il faut agir maintenant !

Loin d’être un texte abscons et généraliste, ce second volet développe au contraire une approche très régionalisée afin que chaque pays ou région du monde puisse identifier les enjeux et les solutions qui le concerne davantage. La question des transports est par exemple significative en Europe tandis que celle de la déforestation est majeure au Brésil.

En attendant la publication en avril du troisième et dernier volet du rapport 2022 du GIEC, portant sur les outils de lutte contre le dérèglement climatique, on peut rappeler que les efforts d’atténuation déjà entrepris au cours des deux dernières décennies – certes insuffisants – ont toutefois permis d’orienter à la baisse la trajectoire du réchauffement : alors que les expert(e)s estimaient au début des années 2000 une hausse de la température de 4°C à 5°C pour 2100, celle-ci est aujourd’hui revue entre +2,7°C et +3°C.

La force de la volonté

Malgré le réchauffement sans précédent que connaît notre planète, de nombreux expert(e)s du GIEC voient ainsi dans ces travaux des solutions pour “transformer le défi climatique en opportunité de repenser nos modes de vie” selon les mots du climatologue Christophe Cassou, directeur de recherche au CNRS et lui-même membre du GIEC. Ce dernier l’affirme : “en prenant des actions fortes et immédiates, on peut arriver à des niveaux de réchauffement compatibles avec des modes de vie heureux”. En cherchant à bâtir un monde avec moins de pollution, nous pourrions donc au passage remodeler nos sociétés avec également moins d’inégalités, moins de précarité, plus de solidarité.

En résumé, les expert(e)s du GIEC brossent un tableau assez sombre de la situation climatique mais nous donnent dans le même temps des motifs d’espoir avec des clefs pour limiter les dégâts et nous y adapter. Ils semblent ainsi faire écho à cette maxime attribuée au philosophe Antonio Gramsci : “il faut allier le pessimisme de la raison à l’optimisme de la volonté”. 

Car bien entendu, sans une volonté politique et une mobilisation citoyenne à la hauteur des enjeux et de l’urgence climatique, il est vain d’espérer un dénouement heureux de la situation. Les candidat(e)s à la prochaine élection présidentielle seraient probablement bien inspirés de s’emparer du sujet car il nous concerne toutes et tous, jusqu’au restant de nos jours.

 

Pour en savoir plus : 

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