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Le commerce équitable « Made in France »

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Du 8 au 23 mai 2021, c’est la quinzaine du commerce équitable, qui rassemble les acteur·rices engagé·es en faveur des modes de consommation responsables. Outil de la transition écologique et solidaire, le commerce équitable permet aux producteur·rices de vivre dignement de leur travail en respectant leur environnement. Et ce aussi bien à l’autre bout du monde qu’au coin de notre rue. Regardons de plus près ce commerce équitable « origine France », promis à un grand avenir !

Pour un commerce plus équitable

Conceptualisé dans les années 1940 aux États-Unis, le commerce équitable est basé sur des modes de production et d’échange plaçant l’Homme et l’environnement avant la recherche de profit financier. L’objectif est de réduire les inégalités sociales et environnementales engendrées par le commerce mondialisé, en garantissant aux producteur·rices des prix stables et rémunérateurs, pour vivre correctement de leur activité et adopter des modes de production respectueux de leur environnement.

La Conférences des Nations Unies sur le Commerce et le Développement de 1964 donne naissance au fameux slogan “Trade, not Aid” – « Du commerce, pas de l’aide » – qui diffuse la vision selon laquelle la logique d’assistance des pays pauvres « du Sud » par les pays riches « du Nord » doit être remplacée par une dynamique de commerce durable et équitable. Le mouvement se développe en Europe au cours des décennies suivantes, sous l’impulsion de citoyen·nes engagé·es et d’organisations telles que OXFAM, Artisans du Monde, Max Havelaar, etc. La création en 1989 d’une organisation mondiale du commerce équitable – la World Fair Trade Organisation (WFTO) consacre sa portée internationale et de plus en plus de citoyen·nes commencent à prendre en compte des critères sociaux et environnementaux dans leurs choix de consommation.

objectifs développement durable

Originellement conçu pour réguler le commerce « Nord-Sud », le mouvement du commerce équitable commence à s’appliquer également aux échanges locaux à partir des années 2000. En France, l’article 94 de la loi sur l’Économie Sociale et Solidaire (ESS) de 2014 définit les grands principes du commerce équitable comme suit :

« 1° Un engagement entre les parties au contrat sur une durée permettant de limiter l’impact des aléas économiques subis par ces travailleurs, qui ne peut être inférieure à trois ans ;

💰 « 2° Le paiement par l’acheteur d’un prix rémunérateur pour les travailleurs, établi sur la base d’une identification des coûts de production et d’une négociation équilibrée entre les parties au contrat ;

🙌 « 3° L’octroi par l’acheteur d’un montant supplémentaire obligatoire destiné aux projets collectifs, en complément du prix d’achat ou intégré dans le prix, visant à renforcer les capacités et l’autonomisation des travailleurs et de leur organisation.

En complément des engagements commerciaux stables et durables, basés sur des prix rémunérateurs, la loi impose la transparence et la traçabilité des filières de production, et la sensibilisation des consommateur·rices aux modes de production responsables.

Le Made in France, avenir du commerce équitable ?

Si le commerce équitable a su se faire connaître depuis des décennies, une nouvelle étiquette a le vent en poupe depuis quelques années : le « Made in France » ou « Fabriqué en France » ou « Origine France ».

Le commerce équitable et le Made in France ont en commun de chercher à limiter le nombre d’intermédiaires, de privilégier le lien direct avec les producteurs, mais surtout de refuser de considérer le coût travail comme une variable d’ajustement des prix à la baisse. Le commerce équitable requiert une rémunération indexée sur les coûts de production. Le Made in France s’appuie sur le système social et le droit du travail français. Tous deux pour que les producteurs, artisans ou paysans, soient rémunérés à un prix juste qui leur permette de vivre dignement de leur activité.

campagne Quinzaine Commerce équitable
Une des affiches de la campagne 2021 de la Quinzaine du Commerce Équitable.

En 2016 puis en 2019, les Assises nationales du commerce équitable “Made in France” se sont tenues à Paris, rassemblant plus de 200 acteurs du commerce équitable français, aussi bien dans l’agriculture, l’artisanat, la mode que dans le tourisme ou les services.

Selon un rapport de l’INSEE de 2019, 81 % de la consommation des ménages est fabriquée en France. Mais ce chiffre englobe différentes réalités : si les services (dont le logement et les transports) sont à 91 % français, l’habillement ne l’est qu’à 16 %, et l’électronique qu’à 7,5 %.

Concernant l’alimentation, ce sont 60% des produits alimentaires consommés qui ont été fabriqués en France. Les circuits-courts alimentaires – permettant l’achat direct aux producteurs locaux – ont connu une croissance exponentielle ces dernières années. Le commerce équitable « Origine France » sur des produits comme le lait, le blé, les légumineuses, etc. est venu complété les appellations d’origines (AOC, AOP, IGP) liées aux terroirs. Selon la plateforme du Commerce Équitable en France, 95% des produits équitables « fabriqués en France » sont par ailleurs bio.

Pour les produits non alimentaires, notamment tout ce qui est textile, cosmétique, décoration ou mobilier artisanal, le marquage d’origine n’est pas obligatoire en Europe, et donc en France. Mais on observe un grand mouvement de relocalisation des productions française, appuyée par une forte demande en produits Made in France. Mais il faut parfois beaucoup de temps et d’investissements pour recréer des filières disparues à cause des délocalisations. Et cela nécessite un soutien politique sur le long terme.

lin commerce equitable
La France est le premier producteur mondial de lin, mais 80% part en Chine pour être filé. La France tente aujourd’hui de recréer une filière textile 100 % française autour du lin.

Longue vie au Made in France équitable !

Pour permettre au commerce équitable Made in France de changer d’échelle et ainsi accélérer la transition écologique, les citoyen·nes, entreprises et organisations impliqué·es dans ce mouvement appellent les pouvoirs publics à un soutien financier, mais aussi législatif important, pour promouvoir et favoriser les produits éco-responsables (avec une TVA réduite ou un plafonnement des marges des distributeurs par exemple), sécuriser et faire connaître les labels, valoriser les services environnementaux des producteur·rices, etc. Autant de proposition concrètes que l’on retrouve en détail dans ce cahier de recommandations des Assises nationales du commerce équitable origine France.

Chez Plüm énergie, nous pensons aussi que la justice, l’équité et le développement durable doivent être au cœur des structures commerciales. Nous sommes fier·es de soutenir les producteurs d’énergie français, en travaillant avec eux de manière équitable et durable. Notre engagement est reconnu par l’agrément « Entreprise solidaire d’utilité sociale » (ESUS), mais aussi par la certification “Service France Garanti” de l’association Pro France, car même notre service client est localisé en France, à Bordeaux et à Saint-Denis. Ainsi nous défendons les emplois locaux et l’économie des territoires français !

 

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A vous la parole

Herzé Colette 28 mai 2021 à 10:22
Il faut pouvoir lutter contre les enseignes qui proposent des denrées dont la vente rend impossibles la nécessité de faire vivre l'agriculteur ! Car, les fêtes anniversaires, les cadeaux, c'est sur le dos du producteur, ce n'est pas le magasin qui baisse ses marges !! Et le bio reste hors de prix pour beaucoup trop de monde. Qui plus est, ils n'ont pas le même cahier des charges que le petit commerçant. Moins de contraintes. Ils brandissent la menace de virer du personnel et ça marche. Sans oser parler peut-être d'une arroseuse qui ouvre sur des accords ...

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