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La responsabilité sociétale des entreprises (RSE) : levier de transformation engagé ?

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Dit comme ça, ça parait logique : une entreprise, qui mobilise des ressources communes pour produire des biens ou des services qu’elle va vendre, est responsable des impacts sociaux et environnementaux qu’engendre son activité. En réalité, dans un système où prévaut encore souvent le paradigme libéral sur celui du développement durable, cette prise de responsabilité n’est pas toujours acquise. Pourtant, à la vitesse à laquelle se réchauffent le climat et les rapports sociaux, il faudrait que cela change !
Comment faire de la Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE) un véritable levier de transformation des entreprises ?

La RSE, plus qu’un assommant acronyme ?

Avec l’industrialisation puis l’avènement du capitalisme, les questions sociales ont depuis longtemps agité le monde du travail et des entreprises, mais c’est à partir des années 1960, en plein essor de la société de consommation en France, que l’on commence à parler de la responsabilité des entreprises vis-à-vis de la société.

La prise en compte de ses impacts sociaux et environnementaux par l’entreprise donne naissance à la notion de développement durable, définie dans le rapport Brundtland de 1987, comme : « un mode de développement économique qui satisfait les besoins de chaque génération, sans compromettre la capacité des générations futures à satisfaire les leurs ».

Ce n’est qu’à partir des années 2000, alors que montent les critiques vis-à-vis des modèles d’affaire des multinationales, que le gouvernement français met en place des réglementations qui vont poser les bases de la RSE moderne. En France, la loi relative aux Nouvelles Régulations Economiques (NRE) oblige les entreprises à rendre publiques leurs performances en matière de développement durable. C’est un premier pas, mais cela se résume souvent à d’épais rapports de communication présentant ce que font les entreprises au-delà de ce qui est prévu par la loi, principalement des actions philanthropiques volontaires en marge de leur coeur de métier.

Concrètement, comme le définit la norme ISO 26000 établie en 2010 comme standard international, les paramètres selon lesquels les organisations peuvent et doivent contribuer au développement durable sont :

  • la gouvernance de l’organisation
  • les droits de l’homme
  • les relations et conditions de travail
  • l’environnement
  • la loyauté des pratiques
  • les questions relatives aux consommateurs
  • les communautés et le développement local

 

A partir de 2011, la Commission Européenne tente d’aller plus loin pour inciter les entreprises à inclure la RSE dans leur chaîne de valeur et à maîtriser leurs impacts éthiques, sociaux et environnementaux réels. En France, cette directive européenne est suivie de diverses réglementations concernant la responsabilité sociale des entreprises, comme la loi Hamon sur l’Economie sociale et solidaire en 2014 ou les lois sur le devoir de vigilance des entreprises-mère vis-à-vis de leurs filiales en 2017, jusqu’à la loi PACTE de mai 2019, relative à la croissance et la transformation des entreprises.

Cette loi générale vise à renforcer les politiques RSE des entreprises par trois leviers :

  1. une modification du code civil pour que toute les entreprises « prennent en considération » les enjeux environnementaux et sociaux dans la gestion de leurs activités.
  2. la possibilité pour les entreprises qui le souhaitent de se définir une raison d’être.
  3. la possibilité pour les entreprises de se transformer en “société à mission”, c’est-à-dire d’inscrire dans leurs statuts des préoccupations et des objectifs environnementaux ou sociaux.

Les intentions sont bonnes, mais reposent encore beaucoup sur le bon vouloir des entreprises et les lois restent incitatives et non contraignantes. Si un certain nombre d’entreprises pionnières, comme Plüm énergie, jouent le jeu en incluant le développement durable dans le coeur de leurs activités, d’autres profitent encore de l’absence de contraintes pour proposer quelques promesses parfois peu suivies, ou de quelques adaptations leur permettant de parler de “croissance verte”, de croissance toujours, en espérant que la technologie permettra de compenser les dommages de la surproduction.

Mais, au regard des chiffres peu encourageants, tant sur le réchauffement de la planète que sur les inégalités sociales, ce n’est pas suffisant. Chez Plüm énergie, nous sommes convaincus qu’il faut ralentir la production et la consommation, et penser à long terme et collectif. Comment faire pour que le développement durable devienne la norme ?

Produire moins mais mieux

Comme le mentionne Julia Faure, co-fondatrice de la marque de vêtements éco-responsable Loom, dans son remarquable TEDx intitulé “Redéfinir la réussite des entreprises”, pour moins polluer, il faut moins produire et moins consommer. L’exemple de la mode est intéressant : l’écoconception des vêtements et la compensation des effets négatifs de leur production sont nécessaires, mais loin d’être suffisants si on continue à fabriquer toujours plus de vêtements et à inciter les gens à renouveler en permanence leur garde robe. Pour limiter leur impact écologique, il faut que les entreprises proposent des produits ou des services économes en ressources et durables. Et il faut qu’elles acceptent de vendre moins, de ne pas faire « plus » mais « mieux ».

Ce qui vaut pour la mode, vaut pour l’énergie. Chez Plüm énergie, nous considérons qu’utiliser une électricité verte et locale c’est nécessaire, mais pas suffisant. C’est pourquoi nous incitons nos clients à consommer moins d’énergie, en leur donnant les informations et les outils pour diminuer leurs besoins.

Si ce n’est sur la réussite économique, comment évaluer la réussite d’une entreprise ? On peut tout à fait imaginer que, lorsqu’une entreprise a atteint la rentabilité, elle cesse de chercher la croissance de son chiffre d’affaire à tout prix, pour se concentrer sur des objectifs plus durables comme l’amélioration de la qualité de ses produits ou services, l’innovation utile, le bien-être de ses salariés, des relations constructives avec ses fournisseurs et l’intégration aux communautés locales.

Plus fondamentalement encore, pour découpler la croissance de la consommation de ressources, il faudrait passer d’une économie de produit à une économie de fonctionnalité, consistant en la vente d’un usage et non plus d’un produit. Les indicateurs de performance conçus pour l’économie linéaire évolueraient ainsi vers le développement durable comme objectif en soi pour l’entreprise.

Chez Plüm énergie nous avons fait le choix d’être une entreprise Sociale et Solidaire reconnue par le Ministère de la Transition Écologique, engagée activement en faveur de l’écologie. Pour nous, être une entreprise d’intérêt général, c’est créer de la valeur sur tout notre territoire et fédérer tou·te·s celles et ceux qui veulent consommer moins et mieux, nous établissons un modèle viable et durable. La réussite de notre entreprise et sa responsabilité sociale sont donc intrinsèquement liées.

C’est bien beau tout ça, mais alors pourquoi les entreprises, notamment les plus grosses, ont tant de difficultés à sortir du modèle de conformité, pour inclure la RSE au coeur de leur activité ? Pourquoi souvent la RSE reste cantonnée à un département au bout du couloir ou lié à la communication, au lieu d’intégrer la direction générale, celle qui décide de la stratégie et de la gestion transversale ?

Apiculteur à la ruche

Repenser l’entreprise comme un commun

Maîtriser ses impacts sur des territoires et tout au long de chaînes de valeur aujourd’hui mondiales suppose de définir et d’évaluer l’entreprise comme un commun : par la démocratisation de sa gouvernance et par sa capacité à préserver les biens communs mondiaux tant immatériels (la légitimité démocratique, le lien social, la souveraineté populaire) que matériels (le climat, la biodiversité, les ressources naturelles).

Le Code civil français ne parle pas “d’entreprise” mais de “société” constituée dans l’intérêt commun des associés. Les parties prenantes prises en considération sont généralement limitées aux fondateur·rices et à celles et ceux qui apportent les capitaux. Et les fonds d’investissements ne sont pas toujours prêts à réduire leurs bénéfices pour penser à long terme.

Selon l’économiste Gaël Giraud, ce qui freine la réforme de la gouvernance des entreprises vers un bien commun, est la pression actionnariale des fonds placement, qui exigent 10% de rendement sur leurs actions coûte que coûte, poussant certaines entreprises à s’endetter pour payer leurs actionnaires. Les entreprises sont ainsi étranglées et cantonnées à des stratégies de court-terme. Alors qu’opérer une transition et s’inscrire dans un développement durable ne rapporte pas tout de suite, et pas de la même manière.

Pour permettre le changement de modèle des entreprises, il recommande que les chef·fes d’entreprises – des humains et non des sociétés financières – retrouvent leur rôle de stratège à long terme et que l’entreprise existe comme projet collectif d’utilité sociale, constituée de parties prenantes qui ont toutes voix au chapitre : les salarié·e·s doivent pouvoir siéger au conseil d’administration au même titre que les actionnaires, pour que rendement à court terme ne soit pas l’unique objectif.

L’entreprise progressiste repose sur cinq composantes : la raison d’être, les valeurs, la stratégie, la création de valeur partagée et la gouvernance. © A. Coupet et E. Dormagen

La loi Pacte de mai 2019 est un premier pas dans ce sens. Elle permet à une entreprise d’inscrire une raison d’être dans ses statuts, ce qui oblige son conseil d’administration à la prendre en compte dans ses décisions. Ainsi les sujets de développement durable remontent aux instances régaliennes et les enjeux de profits doivent être compatibles avec les enjeux de développement durable. Mais faut admettre que transformer un modèle prend du temps, et que plus une entreprise est grande, plus elle pâti d’inertie.

Dans leur ouvrage L’Entreprise comme commun, Swann Bommier et Cécile Renouard, enseignants et spécialistes de la gouvernance des entreprises et du développement, proposent une solution radicale pour donner à la RSE la place qu’elle mérite dans les entreprise : la supprimer ! Et modifier le rôle de l’entreprise pour mieux maîtriser son impact sur la société, pour “entreprendre en commun” en sortant de logique de privatisation du monde.

De sa stratégie à long terme à ses actions à court terme, sur toute sa chaîne de valeur, et dans sa gestion quotidienne, une entreprise est donc responsable de son impact social et environnemental. Le chemin est long, mais nécessaire, pour développer ce modèle de l’entreprise comme commun prenant en compte l’intérêt général.
Chez Plüm énergie, nous prônons la décroissance énergétique et nous accompagnons nos clients particuliers, entreprises et collectivités pour faire ensemble des économies d’énergie et consommer une énergie 100% verte, locale et d’intérêt général.
Vous vous engagez avec nous ? 😊

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