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Contre la précarité, Plüm s’engage et milite en faveur d’un « service minimum de l’électricité »

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Aujourd’hui, qui peut se passer d’énergie ? Comment accéder à l’emploi et sortir d’une situation précaire, sans électricité et donc sans aucun moyen de communication ? Chez Plüm énergie, nous avons décidé de prouver que, dans le secteur de l’énergie aussi, nous pouvons aller vers davantage d’humanisme. Nous avons lancé un test de ce service minimum de l’électricité grandeur nature auprès de nos clients précaires, à la levée de la trêve hivernale en juin.

Les coupures d’électricité risquaient d’être massives à partir du 1er juin, date marquant la fin de la trêve hivernale. Nous avons alors pris l’initiative de tester ce que nous appelons un « service minimum de l’électricité » et nous appelons les autorités à pérenniser et généraliser cette solution par la loi. Ce service minimum assurerait aux foyers les plus précaires une puissance électrique minimale de 1000 watts. C’est peu, mais ça leur permettrait de satisfaire les besoins indispensables du foyer et de maintenir le lien social.

Pour consolider notre projet, nous avons consulté plusieurs associations nationales de lutte contre la précarité, telle la Fondation Abbé Pierre. Nous cherchons en effet à fédérer le plus grand nombre d’acteurs pour porter cette initiative auprès des autorités publiques. Nous lançons un pilote auprès de l’ensemble de nos clients précaires, c’est un test grandeur nature que nous finançons avec nos fonds propres et qui, nous l’espérons, prouvera le réalisme de cette proposition.

Face à la hausse de la précarité énergétique…

La trêve hivernale, droit acquis par l’Abbé Pierre en 1956, ne protégeait initialement que contre les expulsions locatives. Ce n’est qu’en 2008 qu’a été introduite l’interdiction des coupures d’électricité et de gaz pendant l’hiver. D’abord réservée aux foyers précaires, cette protection a été étendue à tous les foyers en 2014, du 1er novembre au 31 mars. Dans une France où 60% des foyers sont chauffés à l’électricité ou au gaz, personne ne conteste aujourd’hui cette disposition.

Néanmoins, on oublie parfois qu’une fois cette trêve terminée, les coupures reprennent et sont nombreuses. On oublie parfois aussi qu’être coupé d’électricité, en plus de l’inconfort (lié au manque de lumière ou à la perte du contenu de son frigidaire et/ou congélateur par exemple), implique une complète rupture des liens sociaux. Il est loin le temps où les téléphones fixes fonctionnaient même l’électricité coupée ! Ainsi, des foyers précaires peuvent se retrouver dans une situation kafkaïenne où, à défaut de pouvoir charger leurs téléphones portables, ils ne peuvent même pas joindre leur fournisseur d’électricité pour régulariser leur situation.

Et depuis plusieurs années, nous observons une hausse constante des interventions pour impayés, demandées par l’ensemble des fournisseurs d’électricité. Si ce chiffre a particulièrement augmenté en 2019 (+17% vs. 2018) – portant le nombre de ménages français ayant subi ce sort à près de 700 000 – la crise sanitaire fait craindre une augmentation encore plus importante cette année. En 2019 déjà, près de 12% des Français dépensaient plus de 8% de leurs revenus pour payer leur facture énergétique. Si 53% des foyers restreignaient leurs consommations pour limiter leur facture énergétique, ils étaient 14% à déclarer avoir souffert du froid au cours de l’hiver. Or depuis, la consommation énergétique des Français a largement été impactée par le contexte sanitaire. Contraignant de nombreux ménages à passer davantage de temps chez eux cet hiver, dans des logements parfois inchauffables, elle a indirectement augmenté leurs besoins de chauffage, pour un coût pouvant être difficilement supportable.

… la mise en place d’un « service minimum de l’électricité »…

L’électricité étant un bien de première nécessité et en tant qu’entreprise de l’économie sociale et solidaire, chez Plüm énergie nous sommes intimement convaincu qu’il est nécessaire de protéger davantage les foyers précaires, ce tout au long de l’année, à l’instar de ce qui existe déjà pour l’eau. Nous militons donc pour l’instauration d’un « service minimum de l’électricité » qui imposerait aux différents fournisseurs d’énergie de poursuivre l’approvisionnement de leurs clients en situation de précarité même en dehors de la trêve hivernale (soit du 1er avril au 31 octobre de chaque année), ce via une puissance minimale de 1 kVA garantie (soit environ 1 000 watts).

Une telle puissance est tout sauf un luxe ! Elle ne permet de faire fonctionner ni un ballon d’eau chaude, ni un four ou un lave-linge. Mais elle est suffisante pour assurer un minimum vital : s’éclairer, recharger son portable, brancher son frigo, utiliser sa box internet et maintenir un lien social.

Si une telle disposition n’était pas techniquement réalisable il y a quelques années, le déploiement à grande échelle des compteurs communicants Linky, dont plus de 80% des foyers de France continentale sont désormais équipés, la simplifie grandement. Ce compteur peut en effet être programmé à distance et la réduction de puissance à 1000 watts, tout comme la restauration de puissance nominale, peuvent se faire simplement.

Nous souhaitons fédérer le plus grand nombre d’acteurs de l’énergie et de la lutte contre la précarité (associations, collectivités, fournisseurs d’électricité…). Ensemble, portons ce projet auprès des services publics en déposant un amendement. Nous pensons que ce test permettra de quantifier plus précisément le financement public nécessaire à la mise en place d’une telle mesure. Retrouvez notre tribune, dans Marianne.

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